La diva innue qui parle au « nous »
Le 21 juin, à l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones, la musique classique aura des résonances autochtones, puisque la soprano innue Elisabeth St-Gelais est à l’affiche à Montréal avec la violoniste mohawk Tara-Louise Montour. Jointe au bout du fil en début de semaine, Elisabeth ne cache pas son enthousiasme au sujet du concert qui sera donné à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts, dans le cadre du Festival de musique de chambre de Montréal. Notamment parce qu’elle partagera la scène avec la violoniste classique Tara-Louise Montour, et ce, même si les deux artistes ne joueront finalement pas ensemble. En effet, le compositeur d’origine crie Andrew Balfour n’a pas pu achever, pour des raisons de santé, sa création sur des légendes et mythes autochtones qui devait réunir les deux femmes le temps d’un morceau. Travailler avec des Autochtones, ça me remplit toujours de joie. La chanteuse originaire de Pessamit connaît d'ailleurs une ascension impressionnante depuis les dernières années. Sacrée révélation Radio-Canada en 2023-2024, elle a également remporté le Prix d'Europe en 2023, récompense assortie d'une bourse de 50 000 $ pour perfectionner son art à l’étranger, notamment à Berlin et à Florence. La soprano Elisabeth Sy-Gelais est accompagnée au piano par sa coach Louise Pelletier lors du concours Europe, en 2023. Photo : Gracieuseté : Elisabeth St-Gelais Mais la diva évite de trop se laisser distraire par les critiques, bonnes ou mauvaises, et est d’ailleurs loin de Ma carrière, c’est un travail d’équipe. Je la dois à ma famille, ma communauté, mes amis et spécialement ma coach Louise Pelletier. Il importe ensuite de trouver le juste équilibre entre la mise en valeur de ses talents sur scène et le temps nécessaire pour les entretenir. Se reposer et rester au sommet de sa forme est d'autant plus important quand on considère ses objectifs pour les prochaines années. Car à ses ambitions internationales s'ajoute un autre souhait : celui de chanter en innu-aimun, ce qui pourrait se réaliser Depuis quelques années, les artistes autochtones commencent de plus en plus à percer dans plusieurs domaines des arts. Et même en musique classique, on commence à voir des compositeurs autochtones, des créateurs, des metteurs en scène, des musiciens et des chanteurs
, souligne Elisabeth St-Gelais. 
Le fameux air de Rusalka confirmait le moelleux du timbre et l’ampleur de la voix d’Elisabeth St-Gelais. Son Prix d’Europe n’est vraiment pas le fruit du hasard; le talent de cette chanteuse est rare et le potentiel immense
, écrivait en septembre le critique spécialisé en musique classique au Devoir, Christophe Huss.jouer à la diva
, ses entrevues se conjuguant beaucoup plus au nous
qu’au je
. Ça vient de mes gènes. Nous les Innus, on a un fort sentiment de communauté
, explique-t-elle.Quand les projets s’enchaînent comme ça, c’est important de vivre le moment présent et de se concentrer sur la récupération afin que ma voix, mais aussi mon corps et mon esprit, soient reposés
, confie celle qui s’est produite fin mai lors de deux concerts avec l’Orchestre national de Bretagne et qui donnera de la voix deux fois en quatre jours : le 21 pour la Journée nationale des peuples autochtones et le 24 pour la Fête nationale à Montréal.Selon le ratio de temps que je mettrais à travailler ma voix, d’ici cinq ou six ans, j'aimerais être représentée par une agence à l’international
, relate cette artiste qui espère aussi dépasser l’étiquette de soprano autochtone qu’on lui accole sans pour autant renier ses racines.d’ici quelques années
, selon elle, si la musique classique continue de gagner des adeptes parmi les artistes Autochtones.
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